
Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415

Année 2007-2008
1er décembre 2007 Les séminaires I & II ainsi que les présentations cliniques étaient initialement prévus le 17 novembre mais ont été reportés le 1er décembre en raison des grèves.
Séminaire théorique I
Geneviève Morel
La libido dans le siècle : psychanalyse de l’image
Freud a écrit La Science des rêves en 1900, cinq ans après l’invention du cinéma par les frères Lumière. Or dans cet ouvrage inaugural de la psychanalyse, l’image est reine : plan fixe du fantasme mis en mouvement dans le rêve, souvenirs-écrans traduit en images floues, figuration crue du désir, déformations ravageantes de la censure, toute puissance du vœu et de l’enfant en nous, étranges formulations du « non », logique absurde du chaudron, mots d’esprit mis en rébus ou dessins animés, invention du rapport sexuel qui n’existe pas (dixit Lacan), beauté fascinante des femmes au cœur du tragique revisité (Œdipe ou Hamlet), deuils anticipés voire mélancoliquement souhaités.
Qu’y a-t-il eu d’autre dans le cinéma depuis sa naissance ? Ne s’agit-il pas, grâce aux progrès d’une technique toujours plus sophistiquée, de réaliser voire de dépasser ce que le rêve réalise avec tant de virtuosité, chez chacun de nous ? De mettre au dehors ce que nous avons de plus intime, d’en montrer l’universalité en partant du plus singulier ? D’en réaliser de façon « extime » les procédés les plus secrets ?
C’est comme si le cinéma et la psychanalyse étaient des jumeaux âgés d’un siècle, nés dans le berceau d’un monde dont les valeurs vacillaient et qui allait bientôt connaître les deux guerres les plus meurtrières de son histoire. Effondrement (relatif) du patriarcat, révolution d’octobre, tentatives de libération des mœurs et avènement du féminisme, effroyable invention de la mort de masse, mondialisation, délabrement écologique, etc. Le cinéma s’est fait politique, avant-garde nous montrant l’apocalypse réalisée et nous indiquant à rebours comment
En 1930, Freud dans Malaise dans la culture, inventait le surmoi culturel (Kultur-Über-ich), sorte d’institution psychique collective qui représenterait, dans une société donnée, les intérêts de la civilisation dans la lutte féroce d’Éros contre Thanatos. Hélas, ces intérêts, si supérieurs soient-ils, sont source de malheur névrotique par les conflits et les renoncements pulsionnels qu’ils exigent sans fin des individus. D’où le rôle ambigu d’une telle instance, relais entre la société et notre inconscient, et instigatrice d’idéologies. Or déchiffrer ce surmoi inconscient qui hante notre intimité et nous manipule à notre insu, préparant nos actes de demain, n’est pas si facile. C’est dans la culture qu’on y arrive peut-être le mieux, dans la littérature et surtout dans la production des images, innombrables à notre époque. Où l’on comptera aussi la vidéo d’art, la photographie, mais aussi la publicité et les images fascinantes de l’actualité.
Les psychanalystes, qui écoutent quotidiennement leurs contemporains, repèrent, dans la variété de ce qu’on leur confie sur le divan, les fantasmes singuliers mais aussi les courants culturels que rejoignent ces formations de l’inconscient. Ils peuvent alors apercevoir les convergences entre ces tendances et l’actualité des images produites de toute part.
C’est donc à une telle analyse de « la libido dans le siècle », appuyée sur Freud (Science des rêves) et Lacan (fonction du regard et du tableau, structure de l’hallucination, relecture de la phénoménologie), que nous vous invitons cette année.
« Le désir de l’analyste et la question juive », par Gérard Haddad
« 35 ans après ma première rencontre avec Lacan, j’ai essayé de comprendre en deux livres ce qui se passa ce jour-là et qui changea radicalement mon existence. Ceci pose la question de ce que fut le désir de Freud et ce que Lacan nomma « le péché originel de la psychanalyse » ».
Gérard Haddad est psychiatre et psychanalyste, il est aussi traducteur de Leibowitz, chimiste, philosophe et écrivain israélien.
Derniers ouvrages parus :
Le péché originel de la psychanalyse, Seuil, 2007, Le jour où Lacan m’a adopté, Grasset 2002 (et maintenant en poche), Manger le livre, Hachette, 1998, L’enfant illégitime. Sources talmudique de la psychanalyse, 1981, réédité sous le titre Lacan et le judaïsme, Biblio Essais, 2003, Les biblioclastes, réédité sous le titre Folies millénaristes, en poche.Les deux séminaires théoriques ont lieu successivement le samedi de 14 h 30 à 16 (G. Morel) et de 16 h 15 à 18 h (F. Kaltenbeck), les 20 octobre, 1er décembre, 15 décembre 2007, 19 janvier, 2 février, 15 mars, 17 mai, 7 juin 2008.
ESC Lille, avenue Willy Brandt, 59777, Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public
20 E (TR : 8 E.) par séance pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.