Atelier V
Addiction et suicide, le spectre mélancolique
Clinique psychanalytique de l’adulte et de l’adolescent
Dr Emmanuel Fleury, Dr Jean-Paul Kornobis, Dr Brigitte Lemonnier
Les apéritifs géants font actuellement l’objet d’une prise de conscience, par les pouvoirs publics, des limites de ce que Foucault aurait appelé le « pouvoir pastoral ». Devant le rassemblement de milliers de jeunes, suite à une simple annonce Internet, les maires des villes concernées tentent d’interdire ces manifestations ou de les encadrer au maximum par la force publique. À cela un jeune-homme interviewé sur France info répondait qu’il faut laisser les jeunes tranquilles car, après tout, ce sont eux qui vont payer les retraites et qu’il faut bien qu’on les laisse s’amuser un peu pendant qu’ils le peuvent encore.
On pourrait résumer ainsi le mot d’ordre de ces manifestations : « Buvons ensemble pendant qu’il est encore temps ». L’absence d’avenir s’y révèle sous le masque de l’amusement, et s’assortit régulièrement d’ivresses mortelles.
Dans Malaise dans la civilisation (1930), Freud indiquait que l’usage des stupéfiants était une réponse à la douleur des individus dans leur relation aux
autres, la drogue leur procurant « une jouissance immédiate », et « une indépendance à l’égard du monde extérieur (1)».
Quel est ce rapport singulier à l’autre qui entraîne un être humain vers des solutions aussi risquées ? Voilà une question préalable et nécessaire à tout traitement possible, car l’addiction ne peut être conçue comme un simple trouble du comportement qu’il suffirait de rééduquer pour le faire disparaître. N’est-elle pas le symptôme d’un malaise à déchiffrer où se profile souvent le spectre de la mélancolie ?
Notre atelier se propose de travailler ces questions à partir de la clinique personnelle de chacun, l’analyse de cas de la littérature psychanalytique, ainsi
que l’étude des textes théoriques.
1 S. Freud, Malaise dans la civilisation, Paris, Éditions PUF 1981, p. 23.
Biblio du texte "Stress et addiction présenté par Jean-Paul Kornobis le 24 janvier 2011.
[1] Carole Rivière
Les fondements historiques d’une théorie de « la dépendance addictive »
http://www.omnsh.org/spip.php?article94[1] Franz Kaltenbeck, extrait de l’argument de son séminaire théorique du samedi, La part de la langue dans la jouissance orale, brochure de Savoirs et clinique, année 2010-2011.
[1] On lira sur
http://www.rqpsy.qc.ca/ARTICLE/V21/21_1_021.pdf comment le canadien Robert Ladouceur, traite le problème de l’addiction au jeu !!
[1] « Le journal du CNRS » Neurosciences Un pont entre stress et addiction
http://www2.cnrs.fr/journal/4426.htm[1] Martin Heidegger, Séminaires de Zurich, séminaire des 6 et 9 juillet 1964, nrf, Editions Gallimard, Paris, 2010, p. 50. Invité par le psychiatre suisse alémanique Médar Boss (1903-1976), le philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976) aborde le devenir technique de la médecine et de la psychothérapie, il rappel dans cet extrait qu’alors que les grecs envisageaient la causalité sous 4 formes (matérielle, formelle, finale et efficiente), depuis Galilée seule la cause « naturelle » est retenue remplaçant la causalité efficiente (poïesis) par une pratique (praxis).
[1] DSM, Manuel Diagnostique et Statistique des troubles mentaux, ce manuel se voulant atéorique se voulait à l’origine, par ses classifications syndromiques, un langage commun acceptable par tous. Actuellement le DSM est devenu un ouvrage de référence qui sert, malgré lui d’alibi théorique à des théories utilitaristes.
[1] La misologie est la haine de la raison « Kant, dans sa
Fondation de la métaphysique des mœurs, met cette haine de la raison en lien avec l'incapacité qu'a cette dernière de mener l'homme au bonheur. Les hommes qui cultivent la raison et la réflexion (les intellectuels) en viennent en effet à envier les hommes conduits par leurs seuls instincts (les gens simples), qui semblent accéder à un bonheur que la raison ne permettra jamais d'atteindre ». Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Misologie[1]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Addiction[1] Etienne de la Boétie, de la servitude volontaire ou contr’un, Paris, tel Gallimard, 1993.
[1] Sigmund Freud, Malaise dans la civilisation, Paris, PUF, 1971, p.83.
[1] Ibid., le texte de Freud est disponible sur Internet
http://friendsofborges.org/site/assets/books/freud_malaise_civilisation.pdf, p.15.
[1]Le Modèle Minnesota se fonde sur une approche thérapeutique pluridisciplinaire, distincte de l'approche psychiatrique, et sur l'ancrage dans les groupes d'entraide. Le Modèle Minnesota repose sur un concept de maladie clair, (National Council on Alcoholism And Drug Dependence, 3 février 1990), qui définit l'alcoolisme comme une maladie primaire, chronique, avec des facteurs génétiques, psychosociaux, et environnementaux influençant son développement et ses manifestations.
http://www.lafondationfas.org/index.php?id=36http://www.sevrage-dependance.fr/traitement-dependance/la-methode-minnesota/http://www.lequotidien.re/actualites/sante/102172-le-modele-minnesota-en-addictologie-invitation-de-abstinence-comme-regle-de-base.html?xtor=RSS-4 [1] Sigmund Freud, Das Unheimliche (paru en 1919, on ne connait pas la date exacte de la première version)
[1] Cité par Max Schur in La mort dans la vie de Freud, Paris, 1975, Tel Gallimard, p. 403, Sigmund Freud, Au-delà du principe de plaisir, p. 190-191.
[1] Ibid., p. 405, note 33.
[1] Ibid., p. 409.
Le lundi soir de 21 h 15 à 23 h, 15 novembre, 13 décembre 2010, 24 janvier, 7 février, 14 mars, 4 avril, 16 mai, 6 juin 2011. A l’URIOPSS, 34 rue Patou, 59800 Lille, métro : République
Dernière modification : 24/01/2011