Savoirs et clinique 2011
 

Savoirs et clinique

Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415

 
 
 
 
 

Prochain(s) événement(s)

le 12/06/2010SEMINAIRES I & II

L’homme sans symptôme – psychanalyse du lien social

Séminaire théorique I

Geneviève Morel

Vivre sans symptôme


« Je suis un homme léger », dit le héros d’un roman écrit en 1942 par Emmanuel Bove. Monsieur Lesca, un médecin qui n’a jamais exercé, se fait entretenir par son ex-beau père,martyrise sa sœur et s’évertue à escroquer une femme qu’il pensait aimer. Cet homme hypocondriaque et inquiétant semble être un personnage plutôt lourd. Que signifie cette découverte sur lui-même qui semble être une sorte de révélation ? Elle n’est pas sans évoquer ce que dit Freud du mélancolique, un homme certes malade mais lucide, qui dit la vérité sur lui-même (cf. le titre du roman, Un homme qui savait)lorsqu’il se trouve mesquin et égoïste. Cette « légèreté » évoque aussi ce que dit Lacan de la manie qui est couplée, on le sait, avec la mélancolie : « Le sujet n’y est lesté par aucun a[soit l’objet qui cause le désir], ce qui le livre, quelquefois sans aucune possibilité de liberté, à la métonymie pure, infinie et ludique,de la chaîne signifiante. » (L’angoisse, p. 388).

Ces personnes qui semblent n’être lestées par rien et qui parfois, pour cela même, s’adonnent à des addictions lourdes (alcool, drogues) ou se suicident, sont des sujets sans symptôme, au sens où Lacan l’a défini comme « sinthome » en 1975, soit comme ce qui noue le réel (la jouissance), le symbolique (le langage, la parole) et l’imaginaire(l’image du corps, le sens), et fait ainsi tenir la réalité. Parfois il ne s’agit que de crises répétitives, le sujet retrouvant son assise symptomatique d’avant la crise, mais parfois ce qui tenait avant une crise ne fonctionne plus. Il faudrait inventer quelque chose de nouveau et il n’y arrive pas.
Parfois ces personnes tentent de s’accrocher à des idéaux normatifs sociaux auxquels elles n’arrivent pas du tout à se conformer, montrant plutôt l’antithèse de ces normes dans leur vie : « Je veux seulement vivre normalement », disent-elles.

À partir de textes et de films, et suivant la clinique des présentations cliniques du samedi matin, le séminaire se penchera sur ette clinique de l’homme et de la femme sans symptôme, ce qui ne signifie pas sans pathologies graves, et sur le rapport de ces sujets avec la psychose, « parfaitement normale », et avec la mélancolie freudienne.




Séminaire théorique II

Franz Kaltenbeck

Lumières et obscurités en psychanalyse


Dès le départ, la lumière est employée par Freud comme une métaphore du savoir que nous apportent nos sens. Elle permettrait en effet d’éclairer ce qui afflue de l’extérieur et de l’intérieur du corps dans l’appareil psychique dont le télescope est le modèle. Dans son Séminaire 1, Les écrits techniques de Freud, Lacan suit cette tradition en construisant un « schéma optique » pour expliquer les relations du sujet à l’objet inclus dans son corps, ainsi qu’à ses idéaux et à l’Autre du désir et de l’amour (de transfert).Mais ce n’est pas tout :
l’inconscient n’est pas le clair-obscur, il est plutôt la pleine lumière qui illumine d’un seul coup la chambre obscure de notre intimité. Reste l’ombre et les obscurités du symptôme que ni Freud ni Lacan n’ont jamais négligées.

La psychanalyse est l’héritière des Lumières, ce mouvement littéraire et philosophique du 18ème siècle qui, à la suite de la révolution scientifique de Newton et de Descartes, a préparé la Révolution française, en voulant libérer l’homme des entraves de la religion.

Les disciples de Freud n’ont pourtant jamais fait l’impasse sur critique des illusions progressistes qu’ont engendrées les Lumières. Avant La dialectique des Lumières de Horkheimer et Adorno, le psychanalyste Karl Landauer et ses collègues ont interrogé la civilisation basée sur le rationalisme, la technique et l’économie. Les écrits et séminaires de Lacan, tels que L’éthique de la psychanalyse, « Kant avec Sade » et L’envers de la psychanalyse appartiennent à
ce mouvement dialectique qui braque le projecteur sur l’obscurantisme,même là où celui-ci se réclame des Lumières. Nous lirons un choix de ces travaux qui utilisent la lumière comme porteuse de savoir, tant ceux de Freud et de Lacan que ceux d’autres freudiens sans oublier les textes des philosophes et des historiens qui déconstruisent les fausses prétentions des Lumières. Et nous écouterons les observations cliniques relatives à l’opacité des symptômes,
proposées par les participants à partir de leurs pratiques respectives.


Les deux séminaires théoriques ont lieu successivement le samedi de 14 h 30 à 16 h (G. Morel) et de 16 h15 à 17 h 30 (F. Kaltenbeck),les 28 novembre,12 décembre 2009, 16janvier, 13 mars, 29 mai, 12 juin 2010.  SKEMA Lille, avenue Willy Brandt, 59777, Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public
20€ (TR : 8€) par séance pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.

 
Dernière modification : 10/01/2010

Retour

Actualités

Chargement : 79 ms

 
 
Revue de psychanalyse Savoirs et clinique
 

Formations Savoirs et clinique

Chargement : 187 ms