Savoirs et clinique 2011
 

Savoirs et clinique

Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415

 
 
 
 
 

Prochain(s) événement(s)

Samedi 29 mai 2010, de 14 h 30 à 16 h, AMPHI D 107
Geneviève Morel assurera son séminaire "Vivre sans symptôme"

(Éric Marty ne pouvant pas être présent dans le cadre de sa conférence sur Le Journal de Deuil de Roland Barthes.)


Vivre sans symptôme


« Je suis un homme léger », dit le héros  d’un roman écrit en 1942 par Emmanuel Bove. Monsieur Lesca, un médecin  qui n’a jamais exercé, se fait entretenir par son ex-beau père,martyrise  sa sœur et s’évertue à escroquer une femme qu’il pensait aimer. Cet  homme hypocondriaque et inquiétant semble être un personnage plutôt  lourd. Que signifie cette découverte sur lui-même qui semble être une  sorte de révélation ? Elle n’est pas sans évoquer ce que dit Freud du  mélancolique, un homme certes malade mais lucide, qui dit la vérité sur  lui-même (cf. le titre du roman, Un  homme qui savait)lorsqu’il se trouve mesquin et égoïste. Cette «  légèreté » évoque aussi ce que dit Lacan de la manie qui est couplée, on  le sait, avec la mélancolie : « Le sujet n’y est lesté par aucun a[soit l’objet qui cause le désir],  ce qui le livre, quelquefois sans aucune possibilité de liberté, à la  métonymie pure, infinie et ludique,de la chaîne signifiante. » (L’angoisse, p. 388).

Ces  personnes qui semblent n’être lestées par rien et qui parfois, pour cela  même, s’adonnent à des addictions lourdes (alcool, drogues) ou se  suicident, sont des sujets sans symptôme, au sens où Lacan l’a défini  comme « sinthome » en 1975, soit comme ce qui noue le réel (la  jouissance), le symbolique (le langage, la parole) et  l’imaginaire(l’image du corps, le sens), et fait ainsi tenir la réalité.  Parfois il ne s’agit que de crises répétitives, le sujet retrouvant son  assise symptomatique d’avant la crise, mais parfois ce qui tenait avant  une crise ne fonctionne plus. Il faudrait inventer quelque chose de  nouveau et il n’y arrive pas.
Parfois  ces personnes tentent de s’accrocher à des idéaux normatifs sociaux  auxquels elles n’arrivent pas du tout à se conformer, montrant plutôt  l’antithèse de ces normes dans leur vie : « Je veux seulement vivre  normalement », disent-elles.

À partir de textes et de films, et  suivant la clinique des présentations cliniques du samedi matin, le  séminaire se penchera sur ette clinique de l’homme et de la femme sans  symptôme, ce qui ne signifie pas sans pathologies graves, et sur le  rapport de ces sujets avec la psychose, « parfaitement normale », et  avec la mélancolie freudienne.



ESC Lille, avenue Willy Brandt, 59777 Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public. 20€ (TR 8€) pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.




Séminaire théorique II

Franz Kaltenbeck

Lumières et obscurités en psychanalyse


Dès le départ, la lumière est employée par Freud comme une métaphore du savoir que nous apportent nos sens. Elle permettrait en effet d’éclairer ce qui afflue de l’extérieur et de l’intérieur du corps dans l’appareil psychique dont le télescope est le modèle. Dans son Séminaire 1, Les écrits techniques de Freud,Lacan suit cette tradition en construisant un « schéma optique » pour expliquer les relations du sujet à l’objet inclus dans son corps, ainsi qu’à ses idéaux et à l’Autre du désir et de l’amour (de transfert).Mais ce n’est pas tout :
l’inconscient n’est pas le clair-obscur, il est plutôt la pleine lumière qui illumine d’un seul coup la chambre obscure de notre intimité. Reste l’ombre et les obscurités du symptôme que ni Freud niLacan n’ont jamais négligées.

La psychanalyse est l’héritière des Lumières, ce mouvement littéraire et philosophique du 18ème siècle qui, à la suite de la révolutions cientifique de Newton et de Descartes, a préparé la Révolution française, en voulant libérer l’homme des entraves de la religion.

Les disciples de Freud n’ont pourtant jamais fait l’impasse sur critique des illusions progressistes qu’ont engendrées les Lumières. Avant La dialectique des Lumières de Horkheimer et Adorno, le psychanalyste Karl Landauer et ses collègues ont interrogé la civilisation basée sur le rationalisme, la technique et l’économie. Les écrits et séminaires de Lacan, tels que L’éthique de la psychanalyse, « Kant avec Sade » et L’envers de la psychanalyse appartiennent à
ce mouvement dialectique qui braque le projecteur sur l’obscurantisme,même là où celui-ci se réclame des Lumières. Nous lirons un choix de ces travaux qui utilisent la lumière comme porteuse de savoir, tantceux de Freud et de Lacan que ceux d’autres freudiens sans oublier lestextes des philosophes et des historiens qui déconstruisent les fausses prétentions des Lumières. Et nous écouterons les observations cliniques relatives à l’opacité des symptômes,
proposées par les participants à partir de leurs pratiques respectives.


Les deux séminaires théoriques ontlieu successivement le samedi de 14 h 30 à 16 h (G. Morel) et de 16 h15 à 17 h 30 (F. Kaltenbeck),les 28 novembre,12 décembre 2009, 16janvier, 13 mars, 29 mai, 12 juin 2010.
ESC Lille, avenue Willy Brandt, 59777, Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public
20€ (TR : 8€) par séance pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.


amphi D107

 
Dernière modification : 28/05/2010

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