Conférences « Grandes références »
Savoirs et clinique invite cette année des psychanalystes de diverses orientations analytiques et des auteurs et chercheurs qui, dans leurs disciplines
respectives, nous feront part de leurs réflexions. Ces rencontres publiques
seront l’occasion d’un large débat. Samedi 16 janvier 2010 de 14 h 30 à 16 h, dans le cadre du séminaire théorique de Geneviève Morel Raoul Moati
La controverse Derrida/Searle Nous chercherons à revenir sur la controverse virulente qui opposa Derrida et Searle autour de la notion d'acte de langage forgée par J.L Austin, et ainsi à interroger à l'intersection de la déconstruction et du langage ordinaire, deux mobilisations concurrentes de la notion d'intentionnalité entre Derrida et Searle, puis deux usages concurrents de Freud entre Derrida et Stanley Cavell. Les questions que nous ouvrirons seront les suivantes : le recours à Freud (par le biais des notions de trace, de pulsion de mort, de temporalité après-coup) nous contraint-il à devoir déconstruire les procédures du langage ordinaire comme le pense Derrida ? Ou au contraire, ne faut-il pas avec Cavell comprendre que les procédures du langage ordinaire comme autant de moyens permettant la découverte du sujet ? Le sujet découvert à travers le langage ordinaire recouvre-t-il le sujet de l'inconscient, comme le pense Cavell ? Nous chercherons à montrer que le sujet, s'il est bien, comme le pense Cavell, à interroger à partir du langage, requiert pour autant une pensée du symbolique et de ses relations, en tant justement qu'elles sont irréductibles aux procédures du langage ordinaire. Ce qui nous permettra d'objecter dans un second temps à l'insistance cavellienne sur la pulsion de vie contre la pulsion de mort (qu'il associe au ressentiment sceptique) la problématique lacanienne de la jouissance. On cherchera ainsi à repenser les coordonnées de la subjectivité impliquée par la pulsion de mort, contre une certaine reformulation de celle-ci dans les termes d'une déconstruction de la subjectivité.
Raoul Moati est agrégé de philosophie, il enseigne à l'Université de Paris 1 où il prépare une thèse de doctorat sur la notion d'acte de langage chez Derrida.
SKEMA Lille, avenue Willy Brandt, 59777 Euralille, amphi B, métro : Gares. Ouvert au public. 20€ (TR 8€) pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.
Séminaire théorique II
Franz Kaltenbeck
Lumières et obscurités en psychanalyse
Dès le départ, la lumière est employée par Freud comme une métaphore du savoir que nous apportent nos sens. Elle permettrait en effet d’éclairer ce qui afflue de l’extérieur et de l’intérieur du corps dans l’appareil psychique dont le télescope est le modèle. Dans son Séminaire 1, Les écrits techniques de Freud,Lacan suit cette tradition en construisant un « schéma optique » pour expliquer les relations du sujet à l’objet inclus dans son corps, ainsi qu’à ses idéaux et à l’Autre du désir et de l’amour (de transfert).Mais ce n’est pas tout :
l’inconscient n’est pas le clair-obscur, il est plutôt la pleine lumière qui illumine d’un seul coup la chambre obscure de notre intimité. Reste l’ombre et les obscurités du symptôme que ni Freud ni Lacan n’ont jamais négligées.
La psychanalyse est l’héritière des Lumières, ce mouvement littéraire et philosophique du 18ème siècle qui, à la suite de la révolution scientifique de Newton et de Descartes, a préparé la Révolution française, en voulant libérer l’homme des entraves de la religion.
Les disciples de Freud n’ont pourtant jamais fait l’impasse sur la critique des illusions progressistes qu’ont engendrées les Lumières. Avant La dialectique des Lumières de Horkheimer et Adorno, le psychanalyste Karl Landauer et ses collègues ont interrogé la civilisation basée sur le rationalisme, la technique et l’économie. Les écrits et séminaires de Lacan, tels que L’éthique de la psychanalyse, « Kant avec Sade » et L’envers de la psychanalyse appartiennent à
ce mouvement dialectique qui braque le projecteur sur l’obscurantisme,même là où celui-ci se réclame des Lumières. Nous lirons un choix de ces travaux qui utilisent la lumière comme porteuse de savoir, tant ceux de Freud et de Lacan que ceux d’autres freudiens sans oublier les textes des philosophes et des historiens qui déconstruisent les fausses prétentions des Lumières. Et nous écouterons les observations cliniques relatives à l’opacité des symptômes,
proposées par les participants à partir de leurs pratiques respectives.
Les deux séminaires théoriques ont lieu successivement le samedi de 14 h 30 à 16 h (G. Morel) et de 16 h15 à 17 h 30 (F. Kaltenbeck),les 28 novembre,12 décembre 2009, 16janvier, 13 mars, 29 mai, 12 juin 2010.
SKEMA Lille, avenue Willy Brandt, 59777, Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public
20€ (TR : 8€) par séance pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.
Dernière modification : 10/01/2010