
Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415
http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=510&rang=2
Pour le texte de Lacan vous pouvez consulter :
Journées des cartels de l’École freudienne de Paris. Maison de la chimie, Paris, Lettre de l’École freudienne, 1976, n° 18, pp. 263-270.
http://aejcpp.free.fr/lacan/1975-04-13c.htm
C’est quand même curieux qu’on n’en ait pas tiré un peu la morale, du petit Hans de Freud. L’angoisse, c’est très précisément localisé en un point de l’évolution de cette vermine humaine, c’est le moment où un petit bonhomme ou une petite future bonne femme s’aperçoit de quoi ? S’aperçoit qu’il est marié avec sa queue. Vous me pardonnerez d’appeler ça comme ça, c’est ce qu’on appelle généralement pénis ou pine, et qu’on gonfle en s’apercevant qu’il n’y a rien pour mieux faire phallus, ce qui est évidemment une complication, une complication liée au fait du nœud, à l’ex-sistence, c’est le cas de le dire, du nœud. Mais s’il y a tout de même quelque chose qui est fait dans les Cinq Psychanalyses pour nous montrer le rapport de l’angoisse avec la découverte du petit-pipi, appelons ça comme ça aussi, c’est tout de même clair, il est certain que c’est tout à fait concevable que pour la petite fille, comme on dit, ça s’étale plus, c’est pour ça qu’elle est plus heureuse ; ça s’étale parce qu’il faut qu’elle mette un certain temps pour s’apercevoir que le petit-pipi, elle n’en a pas ; ça lui fout de l’angoisse aussi, mais c’est quand même une angoisse par référence, par référence à celui qui en est affligé ; je dis « affligé », c’est parce que j’ai parlé de mariage que je parle de ça ; tout ce qui permet d’échapper à ce mariage est évidemment le bienvenu, d’où le succès de la drogue, par exemple ; il n’y a aucune autre définition de la drogue que celle-ci : c’est ce qui permet de rompre le mariage avec le petit-pipi.
Session 2008-2009
Séminaire théorique II
Franz Kaltenbeck
Mutations des psychoses et crise sociale
Les souffrances psychiques qui font aujourd’hui l’objet de plaintes et de demandes adressées aux psychanalystes ne sont plus les mêmes que celles du siècle dernier. La clinique psychanalytique doit tenir compte de ces changements, plus prononcés dans les psychoses que dans les autres structures (névroses et perversions), et encore plus sensibles pour les analystes qui travaillent non seulement en cabinet mais aussi dans un hôpital psychiatrique, un CMP, un CMPP ou un service médico-psychologique pénitentiaire.
Voici la description de quelques traits pathologiques caractéristiques de notre époque qu’il faudrait rajouter aux tableaux cliniques plus classiques : troubles dits obsessionnels compulsifs ; phobies d’impulsions perverses ; passages à l’acte criminels pour contrer la désintégration de la personnalité ; vides sidéraux de tristesse liés à un rejet de l’inconscient ; solitudes abyssales ; narcissismes échevelés ; quêtes éperdues d’un soi introuvable ou, au contraire, refus de toute représentation identitaire ; addictions de toute sorte, même au travail («workalcoholics ») ; dévaluation de la parole.
À ces traits négatifs s’opposent des formes de psychoses maîtrisées par le sujet grâce à ce que Lacan a appelé « sinthome », qui s’avère parfois propice à la création artistique ou scientifique. On en trouve des paradigmes dans La loi de la mère, le livre récent de Geneviève Morel.
Nous interrogerons ces nouvelles formations psychopathologiques sur le plan de la clinique et de la théorie analytiques, en mettant les concepts de Freud, de Lacan et de leurs successeurs à l’épreuve de ce nouveau paysage de la pathologie. Nous les situerons aussi dans leur contexte social et intellectuel. Qu’est-ce que ces phénomènes nous apprennent sur la société dans laquelle nous évoluons? La crise du capitalisme et de la vie sociale pousserait-elle à la folie ? En essayant de répondre à ces questions, nous aborderons aussi la dialectique du sujet et de l’autre au niveau du monde réel de notre temps.
Les participants seront encouragés à intervenir avec des témoignages tirés de leurs expériences professionnelles respectives ou en assumant la discussion d’un texte pertinent pour notre sujet de travail.
Les deux séminaires théoriques ont lieu successivement le samedi de 14 h 30 à 16 h (G. Morel) et de 16 h 15 à 18 h (F. Kaltenbeck), les 11 octobre, 22 novembre, 13 décembre 2008, 10 janvier, 31 janvier,
14 mars, 16 mai et 6 juin 2009.
ESC Lille, avenue Willy Brandt, 59777, Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public
20€ (TR : 8€) par séance pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.