
Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415
| Les séminaires « SAVOIRS ET CLINIQUE-PARIS » & C.P.-ALEPH | 2011 - 2012 |
Séminaire théorique
Les jeudis 17 novembre, 1er et 15 décembre 2011, 5 janvier, 9 février, 29 mars, 12 avril, 10 mai et 7 juin 2012 (21h -23h)
Psychopathologie de la société
A la dernière page du Malaise dans la culture, Freud évoque l’existence, par analogie avec l’individu, de « névroses sociales » qui frapperaient certaines civilisations. Certes, il objecte immédiatement que, d’une part, il faudrait définir alors, par contraste, la « normalité » d’une société, et il ne voit pas dans quel « arrière-plan » la trouver. D’autre part, dit-il, à quoi servirait un tel diagnostic, « puisque personne ne dispose de l’autorité suffisante pour imposer une thérapie aux masses ? » De toutes façons, Freud ne croyait ni aux progrès de la civilisation ni aux vertus d’un retour en arrière, et refusait la position d’un sauveur comme contraire à l’éthique de la psychanalyse ; en revanche, jusqu’à la fin, il a voulu analyser les ressorts pulsionnels des sociétés. Mais il conclut cependant : « En dépit de ces difficultés accrues, on est en droit d’espérer qu’un jour quelqu’un prendra le risque d’entreprendre une telle pathologie des communautés civilisées ».
Aujourd’hui, on peut faire le constat que l’ État, au nom de la société, n’hésite pas à prendre la place de cet « arrière-plan » transcendant que refusait Freud : il définit les normes de la santé mentale et impose de façon extrêmement restrictive la façon dont on doit soigner ceux qui n’y sont pas conformes. La part qu’y prend la psychanalyse y est désormais, on le sait, réduite à la portion congrue.
C’est pourquoi les psychanalystes d’aujourd’hui ne doivent pas, au nom d’une supposée neutralité (concept que Lacan a remis en cause même pour la cure), reculer devant le vœu théorique et politique de Freud à la fin de sa vie : prendre le risque d’une psychopathologie de la société. Pour cela, il faut être fidèle à « l’enveloppe formelle » des symptômes contemporains pour les déchiffrer (Lacan) ; il faut suivre à la trace les mutations du savoir et sonder les crises du pouvoir ; il faut observer les émotions de l’opinion, amplifiées par les média et internet ; et il nous faut aussi interroger nos concepts et nos paradigmes, et parfois les tordre pour mieux saisir les enjeux des symptômes contemporains.
Le séminaire sera animé autour des thèmes suivants :
« Le Nom-du-Père fait-il le poids face aux nouvelles formes de procréation ? »
FRANZ KALTENBECK :
« Criminologie psychanalytique »
GENEVIÈVE MOREL :
Figures de l’analysant d’aujourd’hui
Animé par LUCILE CHARLIAC, FRANZ KALTENBECK, BRIGITTE LEMONNIER et GENEVIÈVE MOREL
Les jeudis 8 décembre 2011, 26 janvier, 15 mars, 5 avril, 24 mai et 14 juin 2012 (21h-23h).
C’est un fait : parmi tous ceux qui viennent un jour rencontrer un analyste, tous ne feront pas une analyse, voire même une demande d’analyse. On peut y trouver beaucoup de raisons pragmatiques : c’est cher, ça dure longtemps, le résultat thérapeutique est incertain. À ces lieux communs, on peut objecter avec des arguments sérieux et cela a déjà été fait de nombreuses fois avec succès.
Mais n’est-il pas plus intéressant de se pencher sur celles et ceux qui font réellement une analyse ? Ont-ils une singularité qui les distingue d’entrée ? Un goût particulier pour le savoir ? Un don de ou pour l’inconscient ? Des pulsions spéciales ? Une envie de venir à bout du symptôme ? Une prédisposition à la passion transférentielle ? Qu’est-ce qui les conduit à accepter un dispositif aussi contraignant, même s’il repose sur une liberté fondamentale, celle de la parole dans l’association libre ? Qu’est-ce qui les pousse à mettre en jeu l’amour, soit le plus intime, au prix de la dépendance du transfert dont ils se plaignent souvent ?
Les exposés de cas cliniques, faits par les enseignants et les participants à ce séminaire, dessineront des portraits d’analysants aujourd’hui. Nous essaierons de retrouver, pour ceux qui y ont assisté, l’esprit de notre groupe d’étude de cas difficiles des années précédentes : en axant le travail et le débat sur les difficultés posées par le cas, les obstacles à la cure, sans craindre de nous interroger sur les échecs, comme le suggérait Freud dans « L'analyse avec fin et l'analyse sans fin ». Les exposés de cas alterneront avec la projection et le commentaire de films de la série « La vie normale », montrant des entretiens d’un psychanalyste et d’un patient hospitalisé, tournés à l’EPSM d’Armentières.
Renseignements : www.savoirs-et-clinique.eu
Contacts :
Lucile Charliac : 06 88 78 42 96
Brigitte Lemonnier, blemonnier@savoirs-et-clinique.eu
Geneviève Morel, gmorel@savoirs-et-clinique.eu
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