
Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415
Monique Vanneufville
Pour le séminaire « Amour et suicide » du Dr Brigitte Lemonnier
Séance du 10 janvier 2012
Amour, narcissisme et suicide
I - Pour introduire le narcissisme (dans la théorie psychanalytique) (1914)
Après l’idée d’une « opposition » (Gegensatz ; pas seulement division) entre libido du Moi (Ichtriebe) et libido d’objet (Sexualtriebe) (grâce à l’étude des névroses de transfert et du refoulement), Freud a l’idée d’un investissement libidinal originaire du Moi ou narcissisme primaire.
Il veut ici « pousser dans ses conséquences cette hypothèse « d’une opposition : pulsions du moi –pulsions sexuelles », et voir s’il est possible de l’appliquer… par ex à la schizophrénie » (87).
Il s’agit de justifier l’emploi dans la théorie psychanalytique de la notion de narcissisme (qui servira dans ses réflexions sur le suicide).
La visée c’est de donner plus de valeur aux concepts de libido du moi (la part propre au Moi, Ichlibido) et de libido d’objet (énergie des pulsions du Moi attachée aux objets, Ichtriebenergie) du fait qu’ils auront été élaborés non seulement à partir des processus névrotiques mais aussi psychotiques. (P 85).
C’est pourquoi Freud veut soumettre sa théorie de la division de la libido à l’épreuve de la paraphrénie (nom de Freud pour démence précoce de Kraepelin et schizo de Bleuler).
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Atelier V
Des méprises de l’amour au suicide
Clinique psychanalytique de l’adulte et de l’adolescent
Dr Emmanuel Fleury, Dr Jean-Paul Kornobis, Dr Brigitte Lemonnier
Source inépuisable d’inspiration pour la littérature, objet d’investigation pour les médias, de recherche pour les sciences humaines, les drames de l’amour continuent à passionner. Les amours contrariées sont souvent tenues pour une cause de suicide, et il est fréquent d’entendre celui qui a attenté à ses jours en imputer la raison à la perte ou à la trahison d’un être cher. Or nous savons, du moins depuis Freud, que le suicide a ses raisons que la raison ne connaît pas. Le cas de « la jeune homosexuelle » de Freud en est l’illustration devenue classique. La jeune fille impute sa tentative de suicide à l’abandon de la femme dont elle est amoureuse, la « dame », mais selon Freud, c’est plutôt dans la relation à son père qu’on trouve le ressort de son passage à l’acte. « Ce n’était donc pas elle ! », pourrait-on dire de l’amie, comme dans un vaudeville. Freud ne s’en tient pas là, puisqu’il relève aussi la méprise présente au coeur de tout suicide : c’est un(e) autre qui est visé(e). Dans cette perte de l’objet aimé, donnée comme raison centrale du suicide, ne s’agit-il pas d’autre chose que de la mort ou de l’abandon ?
Finalement, cet objet perdu était-il aimé ou haï ? De quelle sorte d’objet s’agit-il ? Beaucoup d’évidences et de préjugés sont à réviser lorsqu’on étudie aujourd’hui la question du suicide. C’est à cette tâche que nous nous consacrerons dans le cadre de cet atelier, en partant des données de la théorie psychanalytique, de cas cliniques exposés par les participants qui le souhaiteront, mais aussi d’oeuvres littéraires qui restent une source de travail précieuse.
Le mardi soir de 21 h 15 à 23 h, les 22 novembre, 13 décembre 2011, 10 janvier, 14 février, 20 mars, 17 avril, 15 mai, 5 juin 2012.
À l’URIOPSS, Centre Vauban, 199-201 rue Colbert, immeuble Douai, 5ème étage, 59800
Lille, métro : Port de Lille.