Conférences «Grandes références»
Savoirs et clinique invite cette année des psychanalystes de diverses orientations analytiques et des auteurs et chercheurs qui, dans leurs disciplines respectives, nous feront part de leurs réflexions. Ces rencontres publiques seront l’occasion d’un large débat.
Nos invités de cette année:
Samedi 16 janvier 2010 de 14 h 30 à 16 h,
dans le cadre du séminaire théorique de Geneviève Morel
Raoul Moati
La controverse Derrida/Searle (Paris, PUF, 2009, 160 p)
Nous chercherons à revenir sur la controverse virulente qui opposa Derrida et Searle autour de la notion d'acte de langage forgée par J.L Austin, et ainsi à interroger à l'intersection de la déconstruction et du langage ordinaire, deux mobilisations concurrentes de la notion d'intentionnalité entre Derrida et Searle, puis deux usages concurrents de Freud entre Derrida et Stanley Cavell. Les questions que nous ouvrirons seront les suivantes : le recours à Freud (par le biais des notions de trace, de pulsion de mort, de temporalité après-coup) nous contraint-il à devoir déconstruire les procédures du langage ordinaire comme le pense Derrida ? Ou au contraire, ne faut-il pas avec Cavell comprendre que les procédures du langage ordinaire comme autant de moyens permettant la découverte du sujet ? Le sujet découvert à travers le langage ordinaire recouvre-t-il le sujet de l'inconscient, comme le pense Cavell ? Nous chercherons à montrer que le sujet, s'il est bien, comme le pense Cavell, à interroger à partir du langage, requiert pour autant une pensée du symbolique et de ses relations, en tant justement qu'elles sont irréductibles aux procédures du langage ordinaire. Ce qui nous permettra d'objecter dans un second temps à l'insistance cavellienne sur la pulsion de vie contre la pulsion de mort (qu'il associe au ressentiment sceptique) la problématique lacanienne de la jouissance. On cherchera ainsi à repenser les coordonnées de la subjectivité impliquée par la pulsion de mort, contre une certaine reformulation de celle-ci dans les termes d'une déconstruction de la subjectivité.
Raoul Moati est agrégé de philosophie, il enseigne à l'Université de Paris 1 où il prépare une thèse de doctorat sur la notion d'acte de langage chez Derrida.
Samedi 13 mars 2010 de 16 h à 17 h 30,
dans le cadre du séminaire théorique de Franz Kaltenbeck
François De Gandt
Binswanger et Freud
Le psychiatre suisse Binswanger (1881-1966) a entretenu une longue relation amicale avec Freud. Directeur d'une importante clinique, il a repris à sa manière les idées et les méthodes de la psychanalyse, et suivi un chemin critique nourri de la phénoménologie de Husserl et Heidegger. Reprochant finalement à Freud son «naturalisme», il a conçu une anthropologie originale qui fonde une approche différente de la maladie mentale.
Fançois De Gandt est professeur d'histoire des sciences et de philosophie à l'Université Charles de Gaulle Lille III, auteur d'études sur Galilée, Newton, Husserl, et engagé dans la lecture critique de Binswanger depuis plusieurs années.
Samedi 29 mai 2010, de 14 h 30 à 16 h
dans le cadre du séminaire théorique de Geneviève Morel
et en collaboration avec ALEPH, CP-ALEPH et « L’enfant-objet »
Eric Marty
Journal de deuil de R. Barthes (Paris, Seuil, 2009, 308 p)
Journal de deuil de Roland Barthes est un livre posthume qui paraît une vingtaine
d’années après le mort de son auteur. Il s’agit du «journal» que Barthes tient sur des feuillets au lendemain de la mort de sa mère. Ce texte, strictement fragmentaire, est placé par Barthes dans une chemise, et il est intitulé par ses soins «Journal de deuil». Le statut problématique de ce texte a provoqué lors de sa publication, par delà l’accueil extrêmement positif de la critique et du public, un certain nombre de réactions hostiles de la part de proches de Roland Barthes, essentiellement de la part de François Wahl, dont on connaît la place d’éditeur dans les années 60-80, dans le champ des sciences humaines et notamment celui de la psychanalyse. Texte posthume, texte problématique, texte sur la mort, texte-tombeau d’une figure féminine, la mère, le Journal de deuil pose des questions fondamentales au geste même d’écrire, d’écrire la mort.
Eric Marty est professeur de littérature contemporaine à l’Université de Paris-Diderot (Paris 7), écrivain et critique, il est responsable de la publication des OEuvres complètes de Barthes, il est l’auteur de Roland Barthes, le métier d’écrire, Seuil, coll. Fiction & Cie, 2006.
ESC Lille, avenue Willy Brandt, 59777 Euralille, amphi B, métro : Gares.
Ouvert au public. 20E (TR 8E) pour ceux qui ne sont pas inscrits à Savoirs et clinique.
Dernière modification : 25/06/2009