Savoirs et clinique 2011
 

Savoirs et clinique

Association pour la formation permanente en clinique psychanalytique. Agrément CNFMC n° 100415

 
 
 
 
 

Savoirs et clinique-Paris

Séminaires 2010-2011

CP-ALEPH et "SAVOIRS ET CLINIQUE-Paris"


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Le CP-ALEPH (Collège de  Psychanalystes de l’Association pour l'Étude de la Psychanalyse et de  son Histoire) et « SAVOIRS et CLINIQUE-Paris » (association pour la  formation permanente en clinique psychanalytique agrée FMC n° 100415 par les CNFMC) organisent, en 2010-2011, trois  séminaires cliniques et théoriques à Paris : 

GENEVIÈVE MOREL,
« Symptôme et  surmoi : figures contemporaines du malaise dans la culture »

FRANZ KALTENBECK,
« Au carrefour du crime : psychose et  perversion »

LUCILE CHARLIAC,
« Acte/action,  passage à l’acte, acting out »



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—Symptôme et surmoi : figures  contemporaines du malaise dans la culture
Geneviève Morel

« Il faudrait faire quelque chose » : dès que cette jeune  femme a un moment de libre, cette exhortation impersonnelle surgit dans  le vide de sa pensée. C’est devenu un tourment et elle reprend son  analyse, bien que les symptômes qui l’y avaient précédemment amenée, des  années auparavant, soient résolus : elle n’est plus dépressive, elle a  une famille, le travail qu’elle voulait, elle fait tout bien… Alors, au  moment de profiter du mieux-être qu’elle attendrait légitimement,  qu’est-ce qui ne tourne pas rond ? Qu’est-ce qui est exigé d’elle ?  Cette ritournelle évoque le surmoi punisseur et la fameuse réaction  thérapeutique négative, énigmatique pour l’idéologie guérisseuse de  notre époque.
Trois nouvelles traductions  françaises du Malaise dans la culture sont sorties en 2010, année où  Freud est entré dans le domaine public, ce qui dénote l’intérêt actuel  de ce texte de 1930, qui paraît pourtant « daté » à beaucoup. Freud y  introduit un surmoi culturel (Kultur-Über-Ich) qui redouble le surmoi au  niveau de la société et rend visible, selon lui, l’existence  de la  pulsion de mort.
Inventé par Freud tardivement,  en 1923, dans sa deuxième topique, comme une instance morale,  autoritaire et culpabilisante, le surmoi est la source de paradoxes  cruels : plus tu es irréprochable, plus il t’accusera ; plus tu es  malheureux, plus il t’accablera… Pour Freud, il vient de l’introjection  de l’autorité paternelle selon un processus complexe : il en résulte une  loi si tordue que ses commandements frôlent l’absurde. Support électif  de la pulsion de mort, le surmoi pousse le sujet mélancolique au  suicide, sous des formes diverses. Pour Mélanie Klein, il s’origine dans  la relation précoce à la mère. Pour Abraham, qui élabore la question de  la mélancolie, il a un rapport aux pulsions orale et sadique.
Lacan, qui n’appréciait guère la seconde topique de Freud, y  considère pourtant le surmoi comme essentiel : « La gourmandise dont il  dénote le surmoi est structurale, non pas effet de la civilisation, mais  ‘malaise (symptôme) dans la civilisation’. » (« Télévision », Autres  écrits, p. 530.) Sa voix intérieure se manifeste comme un impératif de  jouissance : « Jouis ! », commandement impossible auquel le sujet  s’épuise à obéir.
À partir d’exemples  contemporains et de textes théoriques, nous questionnerons l’importance  de l’énigmatique surmoi culturel, ainsi que ses relations avec  l’idéologie au sens de Marx. Nous interrogerons en particulier  l’affirmation de certains psychanalystes ou philosophes lacaniens  (Slavoj Žižek par exemple) selon laquelle nous assisterions  depuis quelques décennies à un « déclin de l’Œdipe » qui impliquerait  une accentuation structurelle de la « gourmandise du surmoi » et de la  perversion polymorphe.
Nos séances seront  ponctuées par des projections commentées de films tournés à Armentières  (série « La vie normale »), choisis pour illustrer particulièrement la  problématique du séminaire.
(8 séances dont 3  films inédits de « La vie normale »)


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—Au carrefour du crime : psychose  et perversion
Franz Kaltenbeck

Dans la civilisation actuelle, les psychoses ont pris la place  occupée au siècle dernier par les névroses. Malgré les bouleversements  dus aux crises du capitalisme, la plupart des sujets psychotiques  assument à part entière leurs fonctions de citoyens et de  professionnels. Et ce sont eux avant tout qui sollicitent aujourd’hui le  savoir du psychanalyste.
Mais on ne saurait  négliger le sort des femmes et des hommes plus atteints qui ont beaucoup  de difficultés à s’intégrer dans la société voire s’en trouvent  rejetés. Par manque de moyens, l’hôpital psychiatrique ne les accueille  qu’avec parcimonie. On n’a pas toujours le temps de les y écouter, voire  de les soigner en prenant la mesure de ce qu’ils pensent et ce qu’ils  disent. Les présentations cliniques à l’hôpital sont des évènements  rares, où ils peuvent s’exprimer.
Dans le même  mouvement où les hôpitaux psychiatriques  « vident » les malades les  plus embarrassants, les prisons se remplissent. 20 à 30% — au bas mot  des estimations officielles — de la population carcérale est  folle.  Selon les soignants qui y travaillent, le  chiffre véritable est  beaucoup plus élevé. Certains malades, en dépôt ou déjà jugés, ont  commis des actes gravissimes.
La prison n’est  donc pas seulement cette « école du crime » que l’on dénonce mais aussi  un lieu où se recueille un savoir clinique sur l’impossible à supporter.  Peut-on ignorer ce savoir quand on prétend aborder le réel avec les  concepts de la psychanalyse ?
Le crime violent  peut être décrit comme un carrefour où la psychose communique avec la  perversion. Freud a désigné la perversion comme le négatif de  l’hystérie. C’est la tâche de la criminologie psychanalytique de notre  temps de définir le voisinage entre la psychose et la perversion. Leur  zone frontalière a été décrite par C. Balier comme « le pays de tous les  dangers ». Dans l’œuvre de Lacan, on trouve peu d’indices quant au  lien entre les deux structures cliniques. On peut pourtant renvoyer à  son texte « Kant avec Sade », un écrit sur le fantasme sadien où Lacan  évoque la douleur d’exister du mélancolique. La théorie du « sinthome »  ouvre une nouvelle perspective, encore peu approfondie, pour penser le  problème des actes pervers commis par des sujets schizophrènes ou  paranoïaques. Ainsi y avons-nous trouvé des outils pour étudier le  voyeurisme chez un détenu psychotique.
Dès la  sortie de Totem et Tabou en 1911, les élèves de Freud et ses  successeurs, de Ferenczi à Lacan, se sont inquiétés de l’abîme qui  s’ouvre dans l’être humain quand il passe à l’acte criminel. Rares sont  les tentatives de renouveler leurs efforts psychanalytiques. Je propose  cette année un enseignement dans lequel j’essaierai de rendre compte de  mon expérience clinique dans une maison d’arrêt du nord de la France. Il  s’agira aussi de théoriser mes entretiens avec certains détenus.
(5 séances)

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—Acte/action, passage à l’acte,  acting out
Lucile Charliac

Indépendamment même des questions que suscitent les actes  psychotiques ou pervers, les psychanalystes se trouvent, dans leur  pratique, confrontés aux multiples modalités de l’agir. Maints textes de  Freud font référence à l’« agir », pour l’opposer au «  se remémorer ».  Bien que structuré et signifiant, cet agir se caractérise par son  opacité pour le sujet. Telle patiente a des accidents de voiture en  série, qui se produisent « comme au hasard » et lors desquels, à chaque  fois, elle fait un geste qui risque d’être fatal, sans savoir pourquoi.  Tel patient, bien qu’il semble avoir surmonté une rupture amoureuse,  fait une tentative de suicide a priori peu compréhensible après que son  ex-amie n’a pas répondu au SMS qu’il lui a envoyé. Tel autre exprime, à  l’occasion de crises d’angoisse, la crainte de porter atteinte à sa vie  malgré lui en se jetant par la fenêtre, alors même qu’il ne le voudrait  pas. Dans nombre de situations où il intervient comme un obstacle au  déroulement de la cure et correspond parfois à une conduite très  élaborée, l’agir, s’il revêt alors une fonction démonstrative et  intervient comme un message à déchiffrer adressé à l’analyste, n’en a  pas moins ce rôle à l’insu du sujet.
Dans tous  ces cas, l’acte accompli ou redouté conserve son caractère d’énigme. Le  sujet se sent agi sans être en capacité de reconnaître qu’il agit. La  relecture par Lacan de la clinique freudienne l’a conduit à distinguer  différents types d’agir impulsif. À la montée sur scène de l’acting out,  Lacan oppose l’éviction hors de la scène que constitue le passage à  l’acte. Ces catégories sont à resituer dans une théorie générale de  l’acte, la psychanalyse s’avérant ainsi renouveler la conception  philosophique de l’action et de l’acte.
Il  s’agira, cette année, d’articuler ces différentes catégories à partir de  la théorie psychanalytique, mais aussi de la littérature et du théâtre,  en insistant sur la différence essentielle que présentent pour la  clinique le passage à l’acte et l’acting out.
(3  séances)


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  Savoirs et clinique-Paris    www.savoirs-et-clinique.eu       

Inscription :    Les lieux et dates seront  communiqués à la rentrée, le nombre de    participants est limité.   

La participation aux frais* pour    tout ou partie est de :
  • 220 € pour une  prise en  charge individuelle
  • 80 €  pour les étudiant(e)s
  • 500 € lorsqu’il  existe une prise  en charge institutionnelle         
Préinscriptions à adresser dès maintenant : envoyer un simple  émail (sans chèque) à :   

Brigitte Lemonnier, blemonnier@savoirs-et-clinique.eu     
Et  Geneviève Morel, gmorel@savoirs-et-clinique.eu       


*Paiement seulement à  la rentrée.

 
Dernière modification : 09/07/2010

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